Les organisations ci-dessous saluent la volonté du ministère de renforcer la santé périnatale, alors que les indicateurs de mortalité maternelle, de mortalité infantile et les inégalités territoriales imposent une mobilisation de l’ensemble des acteurs.
Mais un point majeur interpelle.
Le communiqué ministériel affirme que les propositions reposent sur le dialogue avec « l’ensemble des professionnels de santé ». Pourtant, lorsqu’il s’agit de décrire les acteurs du parcours périnatal, certaines professions sont clairement identifiées : médecins généralistes, gynécologues, sages-femmes. Les infirmières généralistes et les infirmières puéricultrices, disparaissent totalement du texte.
https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/premieres-propositions-de-la-mission-perinatalite
Cette omission est incompréhensible.
Les infirmières généralistes et puéricultrices sont présentes à toutes les étapes du parcours périnatal : services de grossesses à risque, maternités, suites de couches, néonatologie, réanimation néonatale, consultations, centres de protection maternelle et infantile (PMI), Permanences d’accès aux soins de santé (PASS) mère-enfant, santé scolaire, suivi à domicile, réseaux territoriaux et Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).
Les infirmières puéricultrices apportent quant à elles une expertise reconnue dans les soins au nouveau-né, l’accompagnement de la parentalité, le soutien à l’allaitement, le développement de l’enfant, le dépistage précoce des difficultés, la prévention et la protection de l’enfance.
Or le communiqué ne cite jamais ces professionnels. Les structures sont mentionnées. Les métiers qui les font vivre ne le sont pas.
Cette invisibilisation n’est pas un simple problème de vocabulaire.
Une profession qui n’est pas nommée dans les politiques publiques est une profession que l’on risque d’oublier lorsque sont définis les référentiels, les effectifs, les financements, les indicateurs de qualité ou les instances de gouvernance.
Comment prétendre construire une politique périnatale fondée sur l’ensemble des compétences disponibles en laissant dans l’ombre plusieurs dizaines de milliers d’infirmières IDE et IPDE qui accompagnent quotidiennement les femmes, les nouveau-nés et leurs familles ?
Le parcours périnatal ne commence pas le jour de l’accouchement et ne s’achève pas à la sortie de la maternité. Il s’inscrit dans une continuité allant de la préparation à la grossesse jusqu’aux premières années de vie de l’enfant. Cette continuité repose sur une coopération entre de nombreux professionnels, dont les infirmières constituent un maillon essentiel.
Le Collège Infirmier Français CIF, le Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI, le Syndicat National des Puéricultrices Diplômées d’Etat SNPDE et le Collectif Je Suis Infirmière Puéricultrice CJSIP demandent que la poursuite des travaux de la mission permette :
– de reconnaître explicitement les infirmières et les infirmières puéricultrices comme acteurs de la politique nationale de périnatalité ;
– de garantir leur représentation au sein de la future instance nationale de la périnatalité ;
– d’intégrer pleinement leurs compétences dans la révision des décrets de périnatalité et dans les futurs référentiels de qualité élaborés avec la Haute Autorité de santé ;
– de renforcer les effectifs infirmiers et de puéricultrices dans les maternités, les services de néonatologie, les PMI, la santé scolaire, les PASS mère-enfant et les dispositifs de suivi à domicile.
La santé périnatale est l’affaire d’équipes.
Reconnaître tous les professionnels qui les composent n’est pas une question de communication. C’est une condition indispensable pour construire une politique publique cohérente, efficace et fidèle à la réalité du terrain.
Cette invisibilisation est d’autant plus surprenante que les infirmières sont aujourd’hui reconnues par la loi du 27 juin 2025 comme des professionnelles exerçant des consultations infirmières, assurant des missions de prévention, de coordination, d’éducation à la santé et d’orientation. Au moment même où leurs compétences sont renforcées par le législateur, les oublier dans une stratégie nationale de périnatalité constitue un signal paradoxal envoyé à toute une profession.
Le Collège Infirmier Français CIF, le Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI, le Syndicat National des Puéricultrices Diplômées d’Etat SNPDE et le Collectif Je Suis Infirmière Puéricultrice CJSIP resteront pleinement mobilisé pour que les infirmières généralistes et les infirmières puéricultrices prennent toute leur place dans les travaux qui se poursuivront jusqu’à l’automne.
